En hommage à ALI ZEBBOUDJ
Cinéma Documentaire
Alimentation générale de Chantal Briet (2005 - 85 min.)
mercredi 17 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
Ali et le film de Chantal Briet, c’était déjà une longue histoire avec la Corrèze et le Limousin...
La première projection eut lieu en sa présence le 8 juin 2002 dans la grange de Yves et Sylvette Lidove à Gumond. Près de deux cents personnes, là, pour être ensemble, se parler les uns aux autres, se redonner espoir quelques jours après la terrible élection qui venait de placer Le Pen au deuxième tour. Et comment le faire mieux qu’avec Ali, sage, philosophe, musicien, épicier et sa stature humaine exceptionnelle.
Sylvie Texier du café-vision FJT Varlin Pont Neuf, qui était présente, l’invita plus tard pour une projection à Limoges. Puis à nouveau Uzerche, avec Musicas Dreibidas, la première projection qui entama en beauté la collaboration avec Peuple et Culture et donna le désir à Cathy Froidurot et Marie Rochais d’une autre soirée à Condat-sur-Ganaveix à côté de l’épicerie du village, avec le film, Chantal Briet et Ali qui prolongea la soirée en musique et chanson avec sa derbouka, petite percussion et sa voix critalline.
Plus tard encore en 2004, lors de l’action organisée par un collectif de 70 compagnies grévistes d’Avignon 2003, qui se proposait de réunir pendant trois jours, dans différentes régions, des spectacles de ces compagnies pour continuer la lutte des intermittents, Ali était venu avec Chantal Briet présenter “Printemps à la source” au CDN-Théâtre de l’Union à Limoges, qui accueillait ce plateau tournant. Et enfin avec Mémoire à vif en mai 2006, au Villard en Creuse où Ali, avec trois musiciens avait accepté l’invitation de Danièle Restoin (qui avait elle aussi fait sa connaissance dans la grange des Lidove) pour une journée consacrée aux évènements de la Villedieu, intitulée : “il y a cinquante ans... quand des rappelés de la guerre d’Algérie résistaient en Creuse”.
Déjà en 2002, à Gumond, nous nous disions que le film de Chantal Briet devrait avoir toute sa place, sur une chaîne de télévision, à une heure de grande écoute comme une merveilleuse antidote à la haine raciale prônée par Le Pen et d’autres.
Aujourd’hui après la mort d’Ali, quelques chaînes (qui de son vivant n’auraient jamais eu l’idée d’envoyer une caméra dans son épicerie) se sont émues le temps d’un journal télévisé mais aucune n’a eu l’idée de déprogrammer une émission pour laisser place au film de Chantal Briet. C’est pourtant une pratique courante lorsque telle ou telle personnalité qui “a compté” (parfois au mauvais sens du terme) disparaît.
Le jour de l’assassinat, Madame Alliot-Marie, qui jusqu’alors ignorait tout de l’immense influence humaine d’Ali dans son épicerie, au pied des tours d’Epinay-sur-Seine, a fait un détour pour assurer la population d’une “politique de sécurité extrêmement ferme”. Mais ce n’est pas de milliers de policiers de plus dont la population a besoin dans les quartiers stigmatisés et de plus en plus abandonnés par les services publics de base mais de milliers d’Ali et de leur humanité.
Manée Teyssandier
Catégorie : Evenement

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