Le Festival du cinéma de Brive, Rencontres du Moyen-Métrage

Le Site du Festival
Un lieu et une durée idéale : le Rex
L’art n’était pas à l’abri du temps. Il était l’abri du temps.
Cette poétique pensée d’Anne Marie Miéville pouvait s’intégrer, il y a trente ans, dans un corpus aux légitimes prétentions philosophiques et littéraires. Sans forcer la digression, la potentialité éducative de l’Image, la nécessité de la construction de la temporalité dans l’Art et tout particulièrement au cinéma, la notion de rapport au temps sans laquelle aucune pédagogie n’est possible sont autant de questionnement et de réflexions indispensables à l’approche tant analytique qu’émotionnelle du cinéma.
Les Premières Rencontres du Moyen Métrage de Brive s’intitulaient « Le Temps du Cinéma » un très beau titre prolongeant directement les propos de Serge Daney disant : « Le cinéma, ce n’est pas inventer des images mais des durées ». L’intégration d’une information et surtout la transformation d’un savoir en connaissance ont besoin de temps. C’est la loi des fonctions de l’intelligence humaine, l’ergonomie du cerveau que le savoir Internet, le bombardement incessant des images et des informations mettent à mal en ce début du XXIème siècle.
Sans les durées nécessaires à l’intégration, l’enfant mais aussi l’adulte entre dans la « faim des stimulis» qui est le principe même de la déculturation. Désintégration/intégration ; temps/durée/vitesse ; art et création ; aculturation/déculturation autant de séquences films et de séquences pensées que nous proposait Bartabas dans son magnifique « Mazeppa » : l’émotion brute, filtrée par l’image et le cinéma et traduisant la pensée élaborée de Virilio, Deleuze, Sloterdijk, Stiegler, Baudrillard et quelques autres.
Nous souhaitons qu’en 2010 le cinéma REX, qui a vu défiler depuis son ouverture des milliers de kilomètres de pellicules inflammables, puis ininflammables, en se connectant au disque dur du computer et au faisceau satellitaire soit bien acteur et témoin de ce contemporain chaotique et en devenir. N’est-il pas né à l’aube de la plus grande folie meurtrière de notre histoire ? J’espère bien, avec une application mathématique imparable, l’amener jusqu’au Binaire, au Digit binaire ou bit, étape importante dans l’évolution de nos systèmes et de l’ « homme sociétal ». Cette préface étant placée sous le mode de la diglossie et n’exprimant qu’une grande dilection pour l’Art cinématographique en particulier, elle vise également à avertir que le Festival 2010 franchit un moment important tant dans ses contenus (avec la présence de nombreuses créations européennes qui enrichissement considérablement la compétition) que dans sa forme et le temps de cinéma comme le faisait le film de Bartabas, déjà cité. Les films du Festival vont nous parler du temps et par là de nous et du monde.
Que la salle obscure du Rex en écho avec celle de notre crâne nous permette durant ces 5 journées de regarder le monde comme l’art pariétal se faisait dans l’obscurité des grottes et à la lumière des torches de Lascaux, à la lumières des vitraux de nos anciennes églises médiévales, à la lueur des flammes des cheminées de Ventadour, Comborn ou autre Hautefort se reflètant dans les yeux verts des troubadours du Limousin et de l’Aquitaine. Brive se trouvant par hasard comme un centre d’une première ère non glaciaire, un lieu de création poétique et d’invention formelle depuis… la préhistoire.
Le Cinéma Rex et son style « Paquebot », inscrit à l’ISMH, inauguré en 1938 avec « l’Affaire Lafarge » de Pierre Chenal, transformé en complexe dans les années 60, créant la lumière par un arc de feu, puis par le xénon, demain par les diodes et aujourd’hui avec la projection numérique et plus largement la dimension 3 D (Digital – relief) option prise par les films et les salles, accompagne, en s’accrochant aux derniers lambeaux de dizaines de siècles de différence et de singularité la curée normative par le tout computer permettant la massification à outrance propice à l’expansion économique et au profit matériel immédiat !! Mais… en attendant le triomphe du tout numérique le Rex doit rester un lieu de proposition esthétique et viser à souligner, chaque fois que cela sera possible, la singularité de l’œuvre d’art cinématographique, le processus de création sachant que « la singularité de l’œuvre d’art, par sa structure, contredit toute massification » (Bernard Stiegler).
Le Rex, de par son passé, se doit d’entrer dans ce futur technologique, permis on l’oublie souvent, par les équations et algorithmes des mathématiciens. Après eux, ce sont les commerçants et les industriels du cinéma qui posent les applications. C’est sans doute à ce niveau, que la puissance publique doit jouer un rôle, que ce soit à l’échelle locale, départementale, régionale, nationale et européenne. Cette question, ces problématiques s’inscrivent dans les réflexions sur les technologies que mènent le Pôle Régional d’Education à l’Image du Limousin implanté à Brive, lieu d’ancrage, d’échange et de mutualisation en Région Limousin des travaux menés sur l’Image, le cinéma, le réel.
J’ai essayé d’être ambitieux dans ces propos liminaires, je m’en excuse et ils ne sont pas dilatoires pour annoncer l’édition 2010 du Festival, il approche, il est là et le Rex souhaite la bienvenue à la Société des Réalisateurs de Films. En cette 7ème année consécutive, le Festival va marquer de ses empreintes européennes la programmation du cinéma entré depuis le 1er janvier 2010 par la grande porte dans le réseau Europa-Cinéma.
Que tous les réalisateurs et producteurs, leurs équipes, invités, critiques, professionnels et bien sûr le public vivent au Rex à Brive, durant 5 jours, passions, désirs et frissons que le cinématographe nous offre depuis… la nuit des temps.
Bernard Duroux
Directeur du Centre Culturel de Brive
Pôle Régional d’Education à l’Image du Limousin
Cinémas REX
Directeur du Centre Culturel de Brive
Pôle Régional d’Education à l’Image du Limousin
Cinémas REX
LE MOYEN METRAGE, UN FORMAT LIBRE
Les moyens-métrages, d’une durée de 30 à 60 minutes, sont le support privilégié des débuts du cinéma et un moyen d’expression choisi par de grands cinéastes. Si le court-métrage renaît depuis maintenant une vingtaine d’années, en partie grâce à la création de festivals consacrés à ce format, on constate un engouement nouveau pour les films d’une durée comprise entre 30 et 60 minutes.Ceci s’explique par la maturité du secteur du court-métrage et l’envie des réalisateurs et des producteurs d’expérimenter d’autres possibilités tant dans la réalisation que dans la façon de produire des films. Ces films permettent aux auteurs de déployer leur mise en scène, de travailler de manière plus personnelle la narration d’approfondir leurs personnages et d’aborder de nouveaux sujets.
Il manquait à ces œuvres un lieu qui leur soit totalement dédié et qui scelle cette nouvelle rencontre entre professionnels et spectateurs, c’est l’objectif des Rencontres du Moyen Métrage de Brive

UN FESTIVAL UNIQUE EN EUROPE
Crée en 2004 au sein de la Société des Réalisateurs de Films, les Rencontres du Moyen Métrage de Brive sont soutenues par d’importants partenaires – la Ville de Brive-la-Gaillarde, le Département de la Corrèze, la Région Limousin, Le ministère de la culture (DRAC), le CNC – ainsi que de nombreuses entreprises privées : mécènes ou sponsors.Ce festival constitue un espace de rencontre entre le public et les professionnels autour d’un format encore peu diffusé malgré une vitalité créative croissante : le moyen-métrage. La programmation, très diversifiée, témoigne de la richesse de ce format cinématographique : plus de 100 projections, une compétition de films francophones récents, des thématiques, des hommages, des programmations scolaires, des tables rondes, un ciné-concert.
Le festival est aussi un moment de convivialité rassemblant grand public et professionnels : présentation des films par leur réalisateurs, producteurs, comédiens ou techniciens ; rencontres public-équipes autour d’un apéritif, éducation à l’image, débats, découvertes d’œuvres rares…
Le festival est aujourd’hui encore le seul en Europe à être entièrement consacré à ce format. La profession l’a immédiatement reconnu comme un lieu important de défense de la création et une passerelle unique vers le public. En 2007 ce sont plus de 100 professionnels qui se sont rendu à Brive pour un rendez-vous reconnu par le Centre National de la Cinématographie (CNC) comme un festival de première importance (classement Catégorie 1 en 2007). La presse nationale et régionale a suivi dès la première édition les évolutions de la manifestation. Enfin, le public a fait de ce festival un véritable lieu vivant d’échanges avec les cinéastes. Ma fréquentation chaque année en hausse s’établit en 2007, pour la quatrième édition, à 4500 entrées.

COMPETITION FRANCOPHONE
Le cœur du festival.La sélection, francophone depuis 2006, présentera entre 15 et 20 films de la production récente de France, de Belgique , de Suisse, du Québec ou encore d’Afrique.
La compétition est ouverte aux films de fiction, documentaires, expérimentaux, ou animations sur supports-film et vidéo. La diversité des genres et des supports dans une même compétition est une des spécificité du festival. Quel que soit le moyen d’expression ou le support choisi par les réalisateurs, il s’agit de présenter des films singuliers portés par un regard.
Comme chaque année, les réalisateurs de la compétition sont invités à venir rencontrer le public et à dialoguer au cours d’un débat animé par les sélectionneurs, chaque jour lors des rencontres à 19h autour de produits régionaux offerts par nos partenaires.
Le jury composé de cinq professionnels attribuera un Grand Prix du Jury, un Prix du Jury, un Prix spécial ainsi que d’éventuelles mentions. Nos partenaires dotent ces prix en prestations techniques et en numéraire. Le public participe en votant pour le Prix du public, doté en numéraire par la Société Générale. Pour la cinquième édition, il sera mis en place, un Prix du Jury Jeune, composé de collégiens et de lycéens.
Enfin, l’évolution de la compétition vers une ouverture aux films européens est une perspective nécessaire à court terme. Nous souhaitons engager la réflexion très prochainement avec nos partenaires afin d’offrir à ces films et à ce festival un rayonnement européen.
RETROSPECTIVES & THEMATIQUES
Si la Compétition francophone témoigne de la vitalité actuelle des jeunes créateurs, il nous a toujours paru important de proposer au public de découvrir ou redécouvrir des œuvres plus anciennes.Au travers des films de grands cinéastes, des classiques, des œuvres rares et étonnantes nous proposons un parcours transversal à travers l’histoire du cinéma, de ses débuts à nos jours.

CINEMA DE GENRE
Les séances de 22h inaugurées en 2007 connaissent un succès croissant, notamment auprès d’un public jeune, que nous souhaitons confirmer.Les spectateurs ont pu assister aux avant-premières de la série américaine Masters of Horror en 2006 (John Carpenter, Dario Argento, Joe Dante, Takashi Miike) ; le remontage en moyens-métrages du film Sin City de Robert Rodriguez et Frank Miller, ou encore des films des maîtres asiatiques du fantastique et de l’horreur (Fruit Chan Peter Ho-Sun Chan, Takashi Miike).
CINE-CONCERT

Olivier Mellano accompagnait Duel de Steven Spielberg en 2006, au cours d’une soirée qui fut un des temps forts du festival 2006 avec plus de 700 spectateurs sur la place du Civoire. L’an passé nous avions sollicité le groupe français Cyann & Ben pour accompagner THX 1138 de George Lucas.
Ces créations inédites, composées pour le festival, connaissent un succès populaire qui en font un des temps fort du festival. Nous nous réjouissons de la reconnaissance de ce travail puisque ces ciné-concerts sont ensuite repris au sein d’autres manifestations et d’autres lieux : Fondation Cartier à Paris, Printemps de Septembre à Toulouse, Festival Filmer la musique à Paris, Festival du court métrage de Brest ;, la Ferme du Buisson, Rennes, Limoges, etc…
Cette création est possible grâce au soutien de la SACEM et l’aide à la création musicale de la CCAS.
PROGRAMMATIONS SCOLAIRES
Nous poursuivons notre mission d’éducation à l’image, convaincus que celle-ci commence dès le plus jeune âge.A chaque projection nous faisons appel à des «passeurs» qui accompagnent les films, afin de transmettre leur attachement à certaines œuvres, de susciter la curiosité et la réflexion des élèves en citant le film dans l’œuvre de l’auteur et son contexte artistique.
Ces films sont proposés aux différents niveaux scolaires.

RENCONTRES & DEBATS
Forum réalisateurs – publicLe festival se veut un lieu de rencontre entre ceux qui font les films et ceux qui les regardent. C’est pourquoi il est pour nous essentiel de favoriser le dialogue entre réalisateurs et public en permettant aux uns et aux autres de prendre la parole au cours d’une discussion autour des films en Compétition.
Ce débat, chaque jour à 18h30, ouverts à tous est agrémenté de dégustations de spécialités offertes par nos partenaires, permet de prolonger le plaisir de la projection, de susciter la réflexion.

TABLES RONDES PROFESSIONNELLES
Dialogue entre cinéastes
En 2005, nous avons proposé pour la première fois un échange d’un genre unique en France : un dialogue lire entre deux réalisateurs, sans intervention d’un modérateur.
Après Bertrand Bonello, Jacques Nolot en 2005, Alain Guiraudie et Jean-Claude Brisseau en 2006 et Christian Vincent et Emmanuel Mouret en 2007, nous souhaitons proposer à nouveau à un jeune cinéaste de dialoguer avec un cinéaste dont il admire le travail.

La musique au cinéma
En 2006, nous avons inauguré un nouveau type de dialogue autour de la collaboration entre un cinéaste et un compositeur de musique.
Nous avions ainsi convié en 2006 le compositeur Jean-Claude Vannier et le cinéaste Philippe Colin autour du travail sur son film Aux abois. Puis le compositeur Grégoire Hetzel et la réalisatrice Catherine Corsini pour évoquer leur travail sur Les ambitieux.

Actualité de la profession
Chaque année, La Société de Réalisateurs de Films (SRF), vigie permanente de la profession, aborde les questions qui agitent la profession au cours de cette table ronde, selon l’actualité du moment.


Délégué général
Sébastien Bailly
01 44 89 62 58 / 06 61 79 73 99
Courriel
Secrétaire générale
Maguy Cisterne
05 55 87 5000 - 06 85 05 70 11
Courriel
Coordinatrice
Leïla Brouk
01 44 89 62 59
Courriel
Assistante à la programmation
Lise Bellynck
Courriel
Régisseur général
Georges Bugeat
+33 (0)6 07 44 34 64
Courriel
Communication
MCV Communication
85 ter Avenue Jean Alvitre - 19100 Brive
Tél : 05 55 87 5000
Courriel
Le Site du Festival