avec_presque_rien.jpg « Avec presque rien… on peut faire des choses » me dit Gaby, un militaire retraité qui récupère des tas de ferrailles pour en faire des brouettes. Derrière ma caméra, je pose un regard sans condescendance sur mes compatriotes, ceux qui, avec leurs forces et leur âme comme seules ressources, créent… des objets, de la musique ou de grands discours. Je demande à des artistes de monter un concert et de devenir ainsi mes porte-paroles comme le veut la tradition de l’art oratoire. Sauront-ils mettre en valeur cette résistance inconsciente de nombreux Malgaches confrontés aux effets pervers de l’argent et de la mondialisation ? » Lova Nantenaina, réalisateur.

Entre chronique d’un groupe musical et portrait en demi-teinte d’une île jusqu’alors toujours présentée pour ses mers bleu lagon dans les agences de tourisme, Avec presque rien nous entraîne gentiment mais sûrement dans l’âme de Madagascar. Filmer le travail, le bricolage, la récupération des petites gens de son pays, avec une attention minutieuse que le Samba Félix Ndiaye des Trésors des poubelles ne renierait pas, telle est la tâche à laquelle s’attelle le cinéaste malgache Lova Nantenaina. L’originalité et le charme de ce film est aussi sa richesse musicale et le charme des rencontres qu’elle offre : un musicien, un bricoleur, un revendeur à la sauvette, une femme debout, qui chante, des nuées d’enfants, des rues où passent des buffles... Une découverte.