nostalgiedelalumierenostalgiadelaluznostalgiaforlight1020101g_1411734353.jpg Au Chili, à trois mille mètres d’altitude, les astronomes venus du monde entier se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi, les ossements des prisonniers politiques de la dictature. Tandis que les astronomes scrutent les galaxies les plus éloignées en quête d’une probable vie extraterrestre, au pied des observatoires, des femmes remuent les pierres, à la recherche de leurs parents disparus… Après une carrière majoritairement consacrée aux documentaires politiques (Le cas Pinochet, Salvador Allende …) Patricio Guzmán aborde ici un sujet à priori radicalement inédit : l’astronomie. Et sous une forme elle aussi légèrement différente car Nostalgie de la lumière appartient moins à la catégorie stricte des documentaires qu’à une sphère de réflexion plus intime. En effet, le propos est ici beaucoup plus poétique et métaphysique que politique, et si Guzmán n’apparait jamais à l’écran, le film finit par devenir tout de même une sorte de portrait en creux de son auteur. Moins parce que son sujet de prédilection (les tensions politiques liées à l’histoire de son pays) finit par rapidement pointer le bout de son nez, qu’à cause de la manière dont évolue la réflexion menée par le film qui passe du coq à l’âne avec fluidité, comme par une sorte de courant de conscience intérieur. On passe en effet rapidement de l’observation des galaxies aux momies, puis aux prisonniers politiques, puis à nouveau à l’espace… mais avec simplicité et évidence, tout simplement parce ce que dans ce lieu unique du désert d’Atacama, tout cela est indissociable. C’est justement ce qui frappe le plus dans ce film : son extraordinaire simplicité. Malgré l’ambition apparente du propos, il ne s’éparpille jamais et reste étonnamment facile d’accès, à la fois dans sa forme et son discours. Et il bénéficie surtout d’images absolument superbes. Du premier au dernier plan, la cinégénie exceptionnelle du lieu crève l’écran.

« Pour cette dernière intervention de la saison, nous vous proposons cette projection en plein air à 21h30 sur le stade de Saint-Jal, suivie d’une observation du ciel. A partir de 20h, venez partager le repas. Nous mettrons en commun ce que chacun aura apporté.