Cinéma documentaire

Au mois de mars, nous pourrions avoir plus de temps pour célébrer la vie pour reprendre les propos d’un protagoniste du film de Nils Aguilar Cultures en transition. Et si Mars est la quatrième planète la plus proche du soleil, alors voici quatre films pour explorer d’autres voix et d’autres voies…

Kinshasa symphony de Claus Wischmann et Martin Baer (2010-95’)

samedi 8 - 20h30 - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin la Méanne

Dans l’obscurité totale, deux cents musiciens jouent la neuvième symphonie de Beethoven « L’Ode à la joie ». Une panne de courant intervient quelques mesures avant l’achèvement de la dernière phrase. Mais pour le seul orchestre symphonique du Congo ceci est le dernier de leurs soucis. Depuis son fondement il y a quinze ans, les musiciens de l’orchestre ont survécu à deux coups d’État, plusieurs crises et une guerre civile. Heureusement il y a la passion pour la musique et l’espoir d’un avenir meilleur. Kinshasa Symphony accompagne des hommes et des femmes qui, dans l’une des métropoles les plus chaotiques au monde, s’attèlent à l’un des systèmes les plus complexes de la vie commune : un orchestre symphonique. Ce film fait le portrait du Congo d’aujourd’hui, des habitants de Kinshasa et de l’amour pour la musique.


Gagner sa vie de Laurence Kirsch (2012-52’)

vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

gagner_sa_vie.jpg « Changez tout, changez tout pour une vie qui vaille le coup ! ». Vous vous rappelez ce refrain de Jonasz. Le film de Laurence Kirsch semble être l’illustration parfaite de cette aspiration qu’on a tous et toutes eue un jour. Des femmes en quête de justesse dans leur vie et du souffle nécessaire pour vivre en harmonie avec soi. Salariat ? Autonomie ? Quelle éthique de vie ? Laurence Kirsch filme sur la durée Nelly et Isabelle : des parcours, des choix semés parfois d’embûches, de joies et d’angoisses. Ne plus perdre sa vie à la gagner n’est pas si simple…
On reconnaît la légèreté patiente et sensible de la caméra de Laurence Kirsch. Son film marquant Présence Silencieuse avait eu l’audace généreuse et intimiste de nous montrer le basculement de son père dans l’étrange voyage qu’est la maladie d’Alzheimer. La durée, la patience, le rapport d’égalité filmeur/filmé se retrouvent dans Gagner sa vie. Suivre de longue haleine deux femmes de classes et milieux sociaux opposés, mais où chacun d’entre nous pourra se reconnaître tant le travail occupe ou a occupé de place et de questionnements dans nos vies.


Cultures en transition de Nils Aguilar (2011-65’)

dimanche 16 - 16h45 Battement d’ailes - Cornil dans le cadre de la Bourse aux graines

culture_transition.jpg A Cuba, en Angleterre, en France, la transition culturelle est en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. Le film donne à voir des alternatives répondant à la triple menace du changement climatique, de la raréfaction du pétrole et des crises économiques. Les solutions sont simples, modiques et écologiques. Du balcon-potager à l’agriculture nationale, elles favorisent les économies locales, les liens de voisinage, la résistance aux chocs extérieurs et la libre diffusion des savoirs. La transition n’est pas une révolution mais une évolution, inspirée de notre histoire. C’est un projet convivial à l’opposé de l’exploitation industrielle. L’agriculture y devient la clé de voûte de la culture.









Silence Radio de Valéry Rosier (2012-52’)

vendredi 21 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque, en présence de Radio Vassivière et de Céline Chastanet de Bram FM et Radio Grand Brive

silence_radio.jpg Décidément ce mois de mars documentaire sera fortement marqué par la puissance de la voix. Ça se passe en Picardie et ça dit beaucoup des liens sensibles, des ondes magiques qui relient une communauté d’auditeurs. Ce petit geste du matin que font presque tous les amoureux de radio pour retrouver LA station préférée, LA voix qui accompagne le premier café, le premier pas sur la terre ferme au sortir du lit et des rêves. Silence Radio c’est le portrait touchant des auditeurs de Radio Puisaleine. Ces auditeurs d’ordinaire invisibles reliés par la même fréquence et ce tressage fort du lien social que permettent parfois les radios associatives de campagne. Tendre, drôle parfois de cette loufoquerie qui nous rend attachants, ces fans de chansons et variétés françaises. Le réalisateur Valéry Rosier par petites touches lève le voile sur ce qui fait les petits instants fragiles et merveilleux de ces auditeurs parfois esseulés. Le temps d’une chanson ou d’une dédicace. À une époque où les radios associatives sont menacées et jugées pas rentables, inutiles, Silence Radio quantifie par sa qualité humaine et cinématographique l’inquantifiable : nos petit suppléments d’âmes et de coeur…