Projections documentaires - Mois d'Octobre
> Lundi 13 octobre - 21h - cinéma Le Palace - Tulle
> Mardi 14 octobre - 20h30 - Librairie L'Aire Libre - 26 avenue Pasteur - Argentat
L'Art de vieillir de Jean-Luc Raynaud (2007 - 74')
projections en présence de Thérèse Clerc (protagoniste du film)
Une signature du livre Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs de Danielle Michel-Chich, éd. les femmes, aura lieu après les projections.
Quand on arrive à 50 ans, tout d'un coup on entre dans un autre pays. C'est à dire que tout se défait. Et à mesure que les choses se défont, il y a une espèce de grâce qui s'installe. Ça c'est difficile à comprendre.
Confronté à la vieillesse difficile de ses parents, le réalisateur a mené l'enquête auprès de trois hommes et deux femmes de 71 à 92 ans afin de découvrir le secret de leur art de vieillir. Le film nous livre leurs mots, leurs expériences, leur clairvoyance et leur simplicité, leur fraîcheur. Si leur épanouissement est bien sûr lié à leur nouveau rapport au temps, c'est le jouir qui illumine leurs yeux : jouir de chaque petite victoire sur soi-même, jouir de la disparition momentanée d'une douleur, et surtout jouir du jouir que l'on donne. La clé de leur bonheur semble tenir à la perte progressive de l'ego, la reconnaissance de l'autre. Face à leurs vieillesses tranquillement flamboyantes, « ces vieux fous, ces vieilles folles » stigmatisent les tabous et la répression que leur opposent famille et société.
Prix du meilleur documentaire, Festival des Films du Monde (Montréal 2006).
Thérèse Clerc, protagoniste du film
Thérèse Clerc est née en 1927 à Paris. Mariée à 20 ans, mère de quatre enfants à 32, elle fréquente la paroisse du Bon Pasteur, rue de Charonne. L'église décile ses yeux sur les questions sociales et, en mai 1968, elle bat le trottoir pour vendre Témoignage Chrétien. Quelques mois plus tard, elle signe son premier contrat de travail : vendeuse de machines à coudre pour fillettes aux Grands Magasins. Elle divorce en 1969.
1972 : Thérèse Clerc adhère au MLAC (Mouvement pour la Libération de l'Avortement et de la Contraception) et pratique des avortements militants. C'est le début de ses engagements et de son militantisme, plus particulièrement pour la cause des femmes. Elle fonde la Maison des Femmes à Montreuil en 2001 et pose en 2007 la première pierre de la Maison des Babayagas, maison de retraite collective, solidaire et unisexe.
A l'occasion de l'exposition La Marque, des femmes, des hommes, des techniques Peuple et Culture a invité le réalisateur Marcel Trillat. Il nous présentera Les Prolos et Silence dans la vallée. Nous projetterons également Industrial Britain, un film court d'un documentariste historique : Robert Flaherty.
> Samedi 25 octobre- projections de films
15h00 - Les Prolos de Marcel Trillat / Casse-croûte, sur place /
20h00 - Industrial Britain de Robert Flaherty
20h30 - Le silence dans la vallée de Marcel Trillat
projection en présence du réalisateur Marcel Trillat
dans l'exposition La Marque, des femmes, des hommes, des techniques- 36 avenue Ventadour - Tulle
Les prolos de Marcel Trillat (2002 - 92')
Sept millions d'ouvriers en France aujourd'hui. Sept millions de personnes qui passent quasiment inaperçues. C'est parce qu'il a fait ce constat que Marcel Trillat est parti à leur rencontre : dans des usines à la pointe de l'organisation manageriale, sur des sites où la sous-traitance est légion, dans des manufactures familiales, chez les employés de petites entreprises de service.
Industrial Britain de Robert Flaherty (1931 - 20')
Industrial Britain est un film de commande. Dans les années 3o en Angleterre, John Grierson, théoricien du cinéma et réalisateur (Drifters, 1929, Coal Face, 1935), a créé au sein du ministère du commerce extérieur un service cinématographique chargé de la promotion des produits britanniques. Il passe commande à Flaherty d'un film sur l'industrie britannique. Dans Industrial Britain, Flaherty promène sa caméra dans la campagne anglaise, le long des fleuves et au bord de la mer autant que dans les paysages industriels, mines et usines de verre ou d'acier. Il réalise ainsi un hommage au savoir-faire des ouvriers britanniques, savoir-faire indispensable à l'industrie contemporaine.
Industrial Britain est un film romantique en tant qu'il refuse la modernité. Les gros plans et portraits des ouvriers les individualisent. La caméra s'arrête sur leurs gestes, montre la grâce du savoir-faire humain opposée aux mécanismes des machines. Le rythme du montage donne au film son dynamisme. Les images du film sont parfaitement composées. Leur beauté, leur lyrisme confinent au mythe. Comme à son habitude, Flaherty a tourné sans aucune écriture préalable. Il a filmé ce qui le touchait de façon intuitive et spontanée et procédé à des mises en scène de situations choisies. Le caractère imprévisible de cette façon de faire est incompatible avec les exigences institutionnelles. Flaherty est licencié et c'est un autre réalisateur qui terminera le travail. Industrial Britain est donc un hybride alliant l'esthétique de Flaherty à une visée résolument sociale portée par un commentaire très affirmatif. Ce film fera école et marque une étape dans l'histoire du documentaire britannique : les documentaristes anglais se serviront dorénavant de moyens formels pour servir un contenu social.
Robert Flaherty est né en 1884 aux Etats-Unis. Après des études de géologie et de minéralogie, il part explorer la baie d'Hudson au Canada pour le compte d'une compagnie de chemins de fer. Son patron lui met une caméra dans les mains afin qu'il lui rapporte des images du Grand Nord. Après cette expérience, Flaherty décide de devenir réalisateur et de filmer des populations éloignées à partir de leur fréquentation assidue et d'une expérience longue de terrain. Ce principe de travail sera cher plus tard au cinéma direct. Il est également considéré comme le père de la docu-fiction et de l'ethno-fiction. En effet, afin d'être au plus près de ce qu'il considère comme la vérité profonde, il dramatise les situations par des mises en scène, n'hésite pas à employer des acteurs, à faire rejouer des situations. Cette méthode pionnière sera plus tard utilisée méthodologiquement par Jean Rouch.
Flaherty réalisera de cette façon Nanouk l'Esquimau (1922), Moana (1926), filmé en Polynésie, l'Homme d'Aran (1934), tourné dans les Iles d'Aran en Irlande, Louisiana Story (1948), qui traite de l'installation d'une plateforme d'extraction de pétrole en Louisiane.
Silence dans la vallée de Marcel Trillat (2007- 85')
En octobre 2006 la dernière grande forge de Nouzonville, dans les Ardennes, est liquidée. Les Ateliers Thomé-Génot employaient 317 salariés. Premiers fournisseurs de pôles d'alternateurs pour les géants de l'automobile Valéo et Visteon Ford, leur production représentait 20% du marché mondial. Leur rachat par un fonds de pension américain (la société de consultants Catalina, qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête pour malversations) a ruiné leur activité et détruit leurs emplois. Ouvriers, ingénieurs, dynastie patronale de type paternaliste, tout cet univers a disparu, englouti par la mondialisation libérale. Aucun des protagonistes ne sortira indemne du drame. Dans ce film Marcel Trillat donne aussi la parole au patronat : comment les industriels considèrent-ils leur travail aujourd'hui, au regard notamment des délocalisations d'usine ? L'Humanité, le jour de la diffusion du film sur France 2 titrait : « Dans la vallée des larmes, les patrons pleurent aussi. ».
Marcel Trillat
Marcel Trillat est né en 1940 à Seyssinet-Pariset (Isère). Il devient journaliste à l'ORTF en 1965 en collaborant au magazine "Cinq colonnes à la Une". Entre 1968 et 1981, il travaille pour la presse écrite, réalise plusieurs documentaires et reportages longs (Etranges étrangers, Guerre du Peuple en Angola...), anime des radios dont "Lorraine coeur d'acier" (radio libre créée à Longwy par la CGT). Il occupera ensuite différents postes à Antenne 2 puis France Télévisions : réalisateur pour Envoyé Spécial, directeur adjoint de l'information, rédacteur en chef du service Société, administrateur. Il prend sa retraite en 2001 et commence sa trilogie sur le monde ouvrier : 300 jours de colère, Les Prolos, Femmes Précaires. Son dernier film, Silence dans la Vallée se penche sur les questions de mondialisation et de financiarisation de l'économie.
Visitez le site de Peuple et Culture Corrèze
Catégorie : Evenement


Catégories
Liens